Journaux '80

Juin1984Samedi 11 février 1984 

F6FMB Jean Claude rend visite au relais. Au retour il informe F1EDA qu'il manque un bout de pale sur l'éolienne et que l'entrée de la cabane est obstruée par une épaisse congère. Le gouvernail est bloqué à 30 dégrées.

Dimanche 12 février 1984 

F1EDA, HB9AHK. Armés d'une pelle nous nous rendons à Poële Chaud. Départ des Dappes à 7h. Les nuages couvrant le but de notre expédition filent à vive allure. Cela nous inquiète un peu. A mesure que nous grimpons, en suivant le tracé du téléski, notre crainte s'amplifie. Au chalet inférieur nous quittons la piste et chaussons nos raquettes pour gagner le Col de Porte.

Nous redoutons ce passage, un véritable glacier ce jour et le franchissons à quatre pattes. A 300m du relais nous sommes dans une purée filant à 100km/h. La visibilité est si mauvaise que nous devons marcher au relief qui, étant modifié par la neige, nous fait simplement perdre le nord. En ce moment je songe à ma boussole qui, bien rangée au QRA doit se fendre le cadran !

A 10h, blanchis par le brouillard givrant, nous arrivons au relais. Nous dégageons l'entrée. La moyenne des trois thermomètres est de -10 degrés. Notre machine à brasser le vent n'a pas fière allure. Une pale est raccourcie d'env. 40cm et l'autre est modifiée dans le sens de la longueur. Le switch tempête à dégagé, mais F6FMB l'a mis à l'abri. Tout est bloqué et caché par le givre. L'allumage du fourneau est une aventure, le tirage est à l'envers du bon sens. En peu de temps nous sommes deux saucisses fumées, aux yeux rouges et n'avons pas envie d'une cloppe, un bouchon de neige dans la cheminée en est la cause. Nous ne pouvons rien entreprendre à l'extérieur. Une solide soupe à l'oignon nous remet sur pied et nous transforme en pétards ambulants. Le soir arrive, sans avoir pu mesures l'ampleur des dégâts ni l'origine de la cause. Nous quittons à 17h espérant à la semaine suivante.

Dimanche 19 février 1984

F1EDA, HB9AHK. Il fait beau et le Jura est dégagé. F1EDA Daniel, n'ayant pas oublié la leçon de la montée précédente, n'a pas perdu son temps pour adapter son matériel. Ainsi, arrivés au fameux glacier du Col de Porte, il me présente sa dernière invention. Les raquettes planche à clous. La démonstration est très concluante. Ça croche! ça monte! ça marche!.... Pour ma part j'en suis toujours à quatre pattes sur ce maudit glacier! Au relais, tout est dégivré. Je bigle la boite d'asservissement. La tige filetée est usée, (du travail pour Roland HB9CGO) le moteur bloqué, (un induit pour HB9AHK) le fusible de commande fondu (pour la poubelle).

Daniel sacrifie un balais pour arrêter l'hélice et nous accrochons la plate- forme sur la machine. Les bouts de bois n'ont pas bonne mine. Ce sont nos dernières pièces. Au moyen d'une scie Daniel procède à l'amputation de la moitié de la pale la plus longue afin de rétablir un pseudo équilibre avec la pale d'en face. 17h: nous quittons et jetons un dernier regard sur le ventilateur modifié. La mini hélice donne à la machine l'allure d'un bâtard, issu d'un croisement entre une girafe et un papillon. Mais ça tourne et même, ça charge.

Pierre, HB9 AHK

30 juillet 1985

 

Michel F6ETQ, J.Claude F1HLQ, et HB9AHK. Nous installons deux panneaux photovoltaïques sur le couvert de la cabane.

 

Jeudi 10 octobre 1985

 

HB9AHK Déplacement à Winterthur pour l'acquisition de deux jeux de pales. Le premier est du type standard, (diamètre 3m), le deuxième est un modèle Danois (diamètre 3.5m) d'une qualité de finition supérieure. Nous l'appelons le modèle de course.

 

Dimanche 13 octobre 1985

 

HB9CGO, Françoise, AGY, AHK. Nous installons les pales de course sur l'éolienne. Quel spectacle! Ont entend la finesse des pales au sifflement qu'elles émettent. Leur rendement est de loin supérieur aux bois classiques.

 

Samedi 25 janvier 1986

 

HB9CGO, AHK. Relais et balise sont hors service depuis dimanche 19. Roland m'accompagne pour découvrir la cause de cet arrêt. Maurice, conducteur de ratrack nous amène sur le Grand Champ, en dessous de la Dôle. La visibilité est très réduite et il avance par instinct. A peine débarqués, la tempête nous couche. C'est un jour blanc sur blanc et le repérage du passage au Col de Porte s'avère difficile. Ne pouvant pas le franchir, nous redescendons à pieds aux Dappes et rentrons à Genève.

 

Samedi 1 février 1986

 

AHK. Contact radio avec Enio HB9RHI et Daniel PUC. Ils m'informent que la machine est pendue au sommet du pylône, les pales d'hélice sont larguées et la batterie est à 9V. Aussi qu'ils ont déblayé les panneaux solaires. Mais à part cela tout va bien...

 

Samedi 8 février 1986

 

HB9CGR, RHI, AHK, F6ETQ, FMB, et Patrick. Sur un plateau neigeux, ciel bleu, grand soleil, pas de vent et par moins 10 degrés, nous sommes tous réunis en demi-cercle autour de la bête décapitée et récitons notre prière. Je vous fais grâce du contenu. Ce n'est pas l'oeuvre d'un seul, mais d'une bande Gluttards, qui sont à l'origine de ce sinistre travail. Nous cherchons un moyen pour décrocher les 135 kg, tenant au sommet du pylône que par le câble en acier de l'asservissement. Munis d'un casque de protection (illusoire), craignant la descente soudaine de la machine, je monte au deuxième étage pour vérifier l'état de ce câble. Ça tient bon. Aussi je survole en vitesse l'état général de la situation. La rupture est située sur l'arbre plongeant dans la base mobile, contenant le collecteur triphasé. Et ce dernier est écrasé par l'appui latéral de la machine. Pas beau à voir. Une fois de plus, nous installons la chèvre. La machine est suspendue au moufle. Patrick et Jean-Claude en sont aux commandes. Pas un Gluttier dans les 16m (à la ronde), sauf Michel qui au sommet scie le câble en acier. Sitôt fait, la lourde masse bascule, se contorsionne, se balance et se frotte contre le pylône dans un bruit de vieille ferraille. Les moufliers amortissent la secousse. Le calme revenu, ils amorcent la descente, mais le gouvernail s'accroche aux haubans du pylône. Enio, en prenant des risques s'en charge pour dégager tout ça. La voie est libre et les moufliers déposent la machine tout en douceur sur la neige.

Les copains rentrent la génératrice dans la cabane. Cependant je démonte la base tournante restée au bout du mât. La pièce dans mes bras, et aveuglé par la neige, je l'amène dans la cabane. Mon entrée n'est pas discrète, car j'ignore que pour le besoin du transport lourd, les copains ont déplace l'escabeau, je manque la marche virtuelle et je m'étale sur le plancher réel. En atterrissant, je lâche la base tournante, qui continue son bonheur de chemin dans la pièce, faisant un raffut du tonnerre de diable. Les copains se mettent tous à l'abri. C'est promis, la prochaine fois je frapperais trois coups avant d'entrer.
La panique dissipée, nous regardons la machine de près. Les cassures comportent des facettes partiellement oxydées. La matière était déjà fendue et affaiblie avant l'incident de ce jour. Il est fort probable que les incidents antérieurs sont à l'origine de ces fissures. La saison était mal choisie pour l'expérimentation des pales de course. Le déséquilibré provoqué par le givre et les contraintes gyroscopiques en plus, ont eu raison de la machine. Nous rangeons le chantier.

En quittant, Enio s'offre une belle descente sur St. Sergue, en passant par la Pointe de Fin Château. Michel, emportant le moyeu de l'hélice (28kg) dans son sac à dos, chute et fait le trou dans la poudreuse. Nous le relevons et,.. bonne glisse ! Une fois de plus Roland 9CGO, ne sera pas désoeuvré, Daniel 1EDA, remettra le pas variable d'aplomb, et 9AHK, aura un sérieux entretient avec la génératrice qui sera soignée sur place. Aussi jusqu'au rétablissement de la machine éolienne, la balise 432 sera hors service et le relais fonctionnera avec 200m W sur l'antenne.

 

Dimanche 17 août 1986

 

F1EDA, 6ETQ, 1EXS, 1LLA,1LGP, 1JLR, 1GLQ, HB9AHK....
Une fois de plus F6ETQ fait résonner le tam-tam dans le Jura 39. De nombreux OMs répondent à l'appel. Après quelques mois de labeur, tout est prêt pour une nouvelle Messe. La chèvre étant en place depuis la veille, la machine prend l'ascenseur. A midi elle est au sommet de son perchoir. Après la pause c'est le moyeu à pas variable de F1EDA qui reprend sa place, équipé d'un jeu de pâles du type classique. En fin d'après midi l'EDF de la Glutte est à nouveau opérationnel.

Relais et balise sont enclenchés. A cette occasion, Roland HB9CGO mérite le grand coup de chapeau, car il a innové la charnière du gouvernail en l'équipant de douilles frittées au Téflon bronze et plomb. Aussi il nous a fournis deux arbres en Inox et tous les roulements à billes pour la machine. Un grand MERCI à tous les amis qui nous ont prêté leur concours pour célébrer cette Messe. Après deux semaines de rodage nous décelons un jeu anormal sur les arbres de fixation des pâles. Par prudence nous remettons l'ancien moyeu en service, toutefois en bloquant l'angle d'incidence à 16 degrés. Daniel, ayant changé de QRL professionnel n'a plus accès aux machines et n'est plus en mesure de ressusciter son pas variable.

 

Samedi 14 mai 1988

 

Relais et balise hors service. F6ETQ, HB9AHK. Une nouvelle fois l'asservissement en est la cause, (cristallisation des charbons du collecteur moteur). Ce jour nos installons deux panneaux photovoltaïques supplémentaires, fournis gracieusement par notre amis Bernard F1ANG de Grenoble. Ces panneaux sont une bénédiction en ces temps de misères de pannes à répétition sur la Gluttolienne. Depuis quelque temps déjà nous avons la solution à ces problèmes, le vérin mécanique à visse trapézoïdale. Mais nous ignorons pour l'instant la méthode de mise en oeuvre de cet élément dans le coffret d'asservissement actuel. La réponse ne tardera pas à venir dans une situation d'état d'urgence que nous allons vivre fin 1993.

 

Pierre, HB9 AHK.

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